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Pierre Courcelle

 

 

La maison de marbre blanc, les proportions parfaites, les arêtes nettes. L'ordre au dehors, et on imagine aussi au dedans. La maison de marbre blanc m'a laissé sans mots jusqu'à aujourd'hui. La maison de marbre blanc dans la grande cage métallique, et la guillotine qui menace. Le contraste des matières, le contraste du sombre métal et du marbre presque translucide. La maison comme emprisonnée. La guillotine: le passé tué par le présent. Et à l'intérieur de la maison, on se guillotine aussi. La maison pleine de cruauté. On brise et on casse.

La maison et la mère. La femme-maison.

Les maisons. Toutes les maisons que j'ai connues.

La maison familiale, bientôt guillotinée puisque Père va la vendre. Question de mois.

J'ai l'art de tourner la page, de quitter une maison pour une autre. Et un jour de quitter une maison pour rien d'autre. J'ai quitté ma mère aussi. J'ai quitté ma femme.

Il y a ma fille. Elle dit chez nous. Alors je dis chez nous.

Je ne peux dire que les lieux d'où je viens, et je n'en sais que des souvenirs. J'essaierai de dire où je suis, en notes et vers, en bribes de récits. Je me souviens rarement de mes rêves, il y en aura donc peu ici. Ici sera un peu chez moi.

 

23 mars 2008